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Berlin, juillet-août 1973, Festival mondial de la Jeunesse
de gauche à droite : Pomme Jouffroy, Martine Bodin, Agnès Jaeglé,
Didier Augeral, Annie Canacos, Patrick Jarry, Sylvie Grolard, Mounier

 

la direction nationale de l'Uncal en 1973-1974,

prosopographie nostalgique...

Michel RENARD

 

L'Uncal (Union Nationale des Comités d'Action Lycéens) est née à la fin de l'année 1968 d'une scission des C.A.L. qui étaient apparus un an avant et avaient représenté le cadre d'action des lycéens pendant le mouvement de Mai 68. Ce fut une structure de type "syndical", destinée à drainer les jeunes scolaires dans un combat revendicatif tel que le PCF en estimait la possibilité et l'intérêt politique dans une phase de conquête électorale du pouvoir par la stratégie de l'Union de la Gauche. L'Uncal a été une organisation d'implantation nationale, affiliant des dizaines de milliers de lycéens, principalement communistes mais pas tous.

J'ai appartenu à la deuxième génération de dirigeants de l'Uncal, avec Martine Bodin, Didier Augeral et tous ceux qui sont évoqués ci-dessous. Les premiers responsables nationaux avaient été (je dis cela de mémoire, en attente d'une recherche plus rigoureuse) : Danielle Dutil, Patrick (?) Porte (qui a disparu très jeune, emporté par la maladie...), Pierre Tartakowsky (devenu journaliste, puis un temps secrétaire général d'ATTAC) ; Pierre Bleiberg, lycéen à Balzac, était un dirigeant parisien de l'Uncal.
[Je dois au témoignage de Pierre Bleiberg que Porte s'appelait bien Patrick et qu'il est mort dans un accident de la route : "c'était un type brillant, modeste et plein d'humour. Il ne s'était pas caché pour "sortir" avec une militante très "canon". À ce sujet je ne me souviens pas que les relations amoureuses étaient mal vues entre militants". Quant à Danièle Dutil (épouse Sanchez), elle est devenue ingénieur E.D.F. et appartenait, ces dernières années, au Comité national du P.C.F. (21 mars 2006)]

***

En suivant leur position sur la photo ci-dessus et ci-contre, de gauche à droite, voici quelques uncal___berlin2renseignements sur les membres de la direction nationale de l'Uncal, présents au Festival Mondial de la Jeunesse à Berlin en 1973. Je ne suis pas dans le groupe, étant l'auteur de la photo. J'ai ajouté les clichés du Congrès national de février 1974. La prosopographie est l'étude d'un groupe à travers les destins individuels des éléments qui le composent. Et la nostalgie, c'est la trace perpétuée des passions, pour l'esprit qui n'accepte pas leur chute dans l'abîme.

 
pomme_jouffroy4Pomme Jouffroy était lycéenne à Paris et fille de l'artiste plasticien Jean-Pierre Jouffroy qui travaillait notamment à l'Humanité. Pomme montrait une grande générosité et une sensibilité qui tranchaient avec les valeurs "guerrières" de l'univers militant des années soixante-dix. Elle est devenue chirurgien orthopédiste à l'hôpital Saint-Michel à Paris (chef de service adjoint en orthopédie et traumatologie), et mère de trois enfants. Elle a aussi écrit trois ouvrages :

- Il n'y a plus d'hôpital au numéro que vous avez demandé..., Plon, 2002.les_immortelles1

- Les immortelles, Nîmes, éd. du Palmier, 2005 (dessins de Jean-Pierre Jouffroy).

- Rue de Rome, mars 2006.

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                                 Pomme Jouffoy

                                 aujourd'hui

- photo de Pomme Jouffroy , en 2002, au verso de son livre,
Il n'y a plus d'hôpital...
- commander le livre de Pomme, Les immortelles.

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"Il fallait en finir avec les immortelles, je les ai invitées à dîner ! Je ne savais plus où les ranger pour être tranquilles, elles encombraient mes chaussures le matin, mon oreiller le soir. On verrait bien ! Une soirée de filles. Hors de question que nos assiettes se tiennent debout derrière nos têtes ! Le festin s'imposait."

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Pomme Jouffroy, Les immortelles, 2005

 

 

 

 * un blog sur le roman Les immortelles
                                                                     

le deuxième roman de Pomme Jouffroy : Rue de Rome

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Une jeune femme est engagée dans un atelier de lutherie de la rue de Rome pour y faire son apprentissage : mais sur celui-ci pèse le souvenir fascinant du luthier qui le dirigeait avant de mourir. Souvenir qui paralyse l’ancien assistant qui a repris l’atelier, et qui s’immisce entre les personnages, jusqu’à se substituer à la relation qui pourrait exister entre eux…

 

Rue de Rome, Pomme Jouffroy, éd. des Femmes, 2006

un blog sur ce nouveau roman

 
Martine Bodin, présidente de l'Uncal, était lycéenne à Bergson (photo), dans le XIXe arrondissement demartine_bodin_tribune bergson_profilParis. Fille de militants communistes, elle offrait un mélange de rayonnement et de fragilité. Ce fut l'une des premières jeunes femmes à jouer un rôle à la tête d'une organisation. Elle rédigeait elle-même ses interventions... ce n'est pas comme aujourd'hui où le moindre dirigeant dispose d'un assistant, d'un chef de cabinet, etc... Je sais qu'elle a eu du mal à supporter cette exposition permanente et cette image de solidité qu'il faut affecter dans l'exercice des responsabilités. Elle aurait souhaité parfois ne pas être en première ligne et ressentait une certaine amertume. Mais elle a toujours fait front : tribunes, discours, réunions houleuses, confrontations avec les gauchistes, discussions avec les dirigeants du Parti, micros... Elle avait un sourire lumineux et le rire facile, je vois l'un et j'entends paris0551l'autre encore... même s'ils proviennent de très loin maintenant. Martine Bodin a été notre jeunesse, comme un "spectre d'argent aux franges qui frémissent" (Garcia Lorca). Elle était un peu notre icône, et il aurait fallu la protéger plus que cela n'a été.

le quartier de Martine, c'était la rue Manin,
la rue Pailleron et les Buttes-Chaumont

- la voix de Martine Bodin le 10 février 1974 au micro de Jean-Louis Burgat, à partir de 12 mn 30 : http://www.ina.fr/video/PHF08004539/inter-actualites-de-19h00-du-10-fevrier-1974.fr.html

 

Agnès Jaeglé, était lycéenne à Orsay, dans le Val-de-Marne, fille d'André agn_s_jaegl_2Jaeglé, un polytechnicien, ingénieur et responsable syndical à la Fédération mondiale des travailleurs scientifiques, et nièce du physicien André Jaeglé. Nous avions dirigé ensemble, et avec Patrick Jarry, le stage des responsables Uncal en septembre 1973. Elle s'imposait par son intelligence et sa délicatesse. Aujourd'hui, elle est directrice du personnel dans une administration, et la maman de deux garçons.

Didier Augeral, secrétaire général de l'Uncal, était déjà bachelier quand je l'ai connu. Il avait le sens de ladidier_augeral2 direction. Et sut naviguer habilement entre les susceptibilités qui agitaient le groupe que nous formions. Didier avait une grande connaissance des divers aspects de la question scolaire et une indéniable capacité d'analyse politique, c'est-à-dire notamment d'anticipation. Je ne sais pas où il avait acquis son intelligence des faits de pouvoir dans la sphère communiste, mais il ne se laissait pas impressionner. Nous avons travaillé côte à côte de 1973 à 1974. Aux yeux des directions de la JC et du PCF, nous devions sentir le soufre car aucun poste de responsabilité ne nous fut proposé lorsque nous avons quitté la direction nationale de l'Uncal. Didier Augeral a préparé des concours et est devenu cadre dans l'administration de l'Éducation nationale (Direction des personnels enseignants).

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                                                        août 1973

                              

 

 

 

 

 

Didier Augeral à Berlin
en août 1973
(pardon pour la mauvaise
qualité de la photo...
cliquer pour agrandir)

annie_canacos_tribuneAnnie Canacos était lycéenne à Sarcelles, son père étant alors le premier magistrat de la ville. Pétillante et très dynamique, elle n'avait peur de rien. En 1993, elle était conseillère générale communiste à Vitry, aujourd'hui cadre territorial.

(sur la photo ci-contre, Annie Canacos cache en grande partie Armelle Cloarec)

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Annie Canacos et Martine Bodin
en février 1974

 

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Annie Canacos
aujourd'hui

 


Patrick Jarry
était lycéen à Nanterre. Ses études l'ont conduit à obtenir un diplôme d'ingénieur des Ponts-et-Chaussées. Père de deuxpatrick_jarry enfants, il est devenu maire de la ville de Nanterre. Comme nous tous, il était assez fasciné par le milieu des militants ouvriers auxquels il est resté fidèle.

- Patrick Jarry, maire de Nanterre.

 

 

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Patrick Jarry, aujourd'hui

 

Sylvie Grolard, était lycéenne à Bordeaux et responsable de l'Uncal en Gironde.

Mounier était lycéen dans la région Rhône-Alpes, à Lyon je crois...

sylvie_grolard_et_mounier1De Sylvie et de Mounier, je ne dispose que de cette autre vue, floue, malheureusement. Elle est malgré tout un peu évocatrice.

 

 

 

 

 

 

à côté de Patrick Jarry, Sylvie Grolard et Mounier

 

 

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D'autres dirigeants figurent sur cette photo, prise
lors du congrès national de l'Uncal, les 8, 9 et 10 février 1974.

 

andr_e_perfumo1Andrée Perfumo était lycéenne à Marseille (...?), en tout cas dans les Bouches-du-Rhône. Elle animait le Bureau départemental aux côtés d'André Allegro (photo floue prise à Berlin en aoûtandr__allegro2 1973...!) et de Sylvie Tassy qui a vu ce blog en mai 2008. La violence exceptée, André Allegro avait un peu le panache d'un "seigneur de guerre" à Marseille : l'autorité sur une puissante organisation départementale, des liens avec les syndicats de la CGT, des bureaux au sein de la Bourse du Travail, bd Nédélec, des cortèges lycéens nombreux et encadrés par l'Uncal, des comités dans presque toutes les Bouches-du-Rhône... J'étais "descendu" à Marseille au printemps 1974, me rendre compte du travail militant dans plusieurs villes, jusqu'à Arles où le comité était dirigé par Hélène Hommel (photo).

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                                     Hélène Hommel

Pierre Séleskovitch habitait Houilles. Son père (Zoran/Eugène) a été maire et conseiller général de 1977 à 1989. C'était uns_lesko ancien de la 2e DB de Leclerc, entré dans Paris en août 1944. J'ai perdu la trace de Pierre avec qui j'ai milité dans les Yvelines.




 

 


Armelle Cloarec
était lycéenne à Sarcelles. Son implication militante était peut-être plus raisonnée que la armelle3nôtre. Elle savait que toute la vie n'était pas dans l'activisme. Armelle avait un charme incroyable et beaucoup de poésie. Jusqu'en réunion de Bureau national, elle maniait un humour fin qui signait son décalage avec le côté un peu affecté de ces séances.


 

 

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D'autres membres de la direction nationale de l'Uncal apparaissent,
sans être toujours parfaitement identifiables, sur la photo ci-dessus,
également prise lors du Congrès de février 1974.


Roland Aubry, lycéen à Antony, un côté baroudeur, avec beaucoup d'humour. Son père était sénateur desroland_aubry_profil1 Hauts-de-Seine, et devint maire d'Antony en 1977. Roland est, aujourd'hui, ingénieur technico-commercial et directeur général d'une société dans laquelle "il assure personnellement la conduite des opérations de grande envergure". Ça ne m'étonne pas. Sur la photo ci-contre, il est en pull à rayures.

- Roland Aubry sur le site de sa société (en milieu de page).

Roland Aubry, aujourd'hui

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Il y avait, bien sûr, Michel Derout (Val-de-Marne) qui n'était plus lycéen, mais assumait des responsabilités michel_derout_newfinancières et de logistique. Il avait été désigné par la direction du PCF. C'était un type droit, bosseur et sans détours. Il faisait imprimer notre bulletin national par sa mère à l'Union départementale CGT du Val-de-Marne. Il était l'organisateur de tous les congrès, le trésorier, l'ordonnateur des déplacements. Comme les ressources propres de l'Uncal étaient très faibles, nous recevions un petit budget de fonctionnement de la part du PCF. J'étais allé avec lui, un jour, place du Colonel Fabien et nous étions ressortis avec une valise contenant quelques paquets de billets. J'ai toujours été frappé par la cupidité de certains dirigeants politiques qui ont défrayé la chronique ces dernières années : avec des hommes tel que Michel Derout, rien à craindre... c'était l'honnêteté même. J'ai travaillé aussi avec lui, tous les jours de l'année scolaire 1973-1974.

Il est devenu ensuite responsable de l'agence de voyage L.V.J. (Loisirs et Vacances de la Jeunesse) qui assurait des séjours dans les "pays socialistes". Je lui dois un aller-et-retour à Berlin, effectué pour acheminer en urgence un dossier de séjour en R.D.A. C'est lui, encore qui pensa à nous, l'équipe du BN de l'Uncal, pour composer une délégation de Jeunes communistes en Roumanie en août 1974, puis qui me confia l'accompagnement d'un voyage touristique en R.D.A. et la direction d'une délégation en Bulgarie à l'été 1975 .

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arrivée à l'aéroport de Berlin
(R.D.A.) du groupe de vacanciers
que j'accompagne en août 1975

 

J'ai oublié le prénom de Mayer-Fabri (Jean ?), dirigeant de l'Uncal dans le Val-de-Marne. Il était peut-être du lycée Jean-Macé à Vitry ou de Romain-Rolland à Ivry (...?). Sur cette photo, on ne le voit que de trois-quart arrière, avec sa coupe demayer_fabri cheveux légèrement "afro" ; devant lui, Agnès Jaeglé.

 

 

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lycée Romain-Rolland à Ivry





Jean Fabbri, aujourd'hui (2009), secrétaire général du SNESup



 

 

 

Philippe Guez, était lycéen à Balzac (Paris XVIIe), établissement gigantesque (photo). Il est devenu instituteur et, aujourd'hui, directeur d'école maternelle dans le XIXe arrondissement de Paris.vg1 Philippe Guez est père de trois enfants.

 


- écouter Philippe Guez, interviewé sur RTL
  en mars 2003.

                                                                      lycée Balzac, à Paris

 

 

D'autres, enfin, ne figurent sur aucune photo d'ensemble.

Marianne Brunhes, était lycéenne à Lamartine dans le IXe arrondissement de Paris lamartine_cour_jaunie(photo). Elle avait eu Isabelle Adjani comme condisciple dans sa classe.Son père était député de Genevilliers, ou allait le devenir bientôt, et sa mère, qui avait une grande culture, travaillait au C.D.L.P. (organisme communiste de diffusion du livre). Marianne a aujourd'hui trois enfants.

marianne_plus_clairQuand j'ai quitté l'Uncal, à la fin de l'été 1974, j'ai repris une scolarité en classe préparatoire (hypokhâgne). Elle, je crois, y accédait après son bac. Et nous avions des discussions sur la nature de la philosophie et des sciences, je m'en souviens, sur le quai de la gare du Nord quand elle rentrait chez elle à Gennevilliers... Ce qui prouve que l'engagement militant avait plutôt stimulé notre univers intellectuel. J'ai croisé Marianne, quelques années plus tard sur le boulevard Saint-Michel, à hauteur du Luxembourg. Elle avait déjà un enfant. Et moi aussi. Il était définitivement trop tard.

 

 

 


Marianne
en mai 1975, au congrès national de la Jeunesse Communiste à Nanterre.


Schmaus, dont j'ai oublié le prénom, avait une belle allure. Il venait du 92. Son père, Guy, était lui aussi, sénateur des Hauts-de-Seine. [Roland Aubry me rappelle que Schmaus se prénommait Francis]

Cohen (Hauts-de-Seine), dont j'ai également oublié le prénom, était lycéen àlakanal__jauni_ Lakanal à Sceaux, je crois... Prestigieux établissement. [Là encore, c'est Roland Aubry qui me rappelle que Cohen se prénommait Philippe (19 mars 2006]

 

 lycée Lakanal à Sceaux

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Une mention pour Michel Bleiberg, militant parisien de l'Uncal, frère cadet d'un des premiers responsables de l'organisation vers 1970-1972. Empli d'une vitalité communicative, "Bleib" était du voyage à Berlin pour le Festival mondial de la Jeunesse, l'été 1973. Il a disparu tragiquement quelques mois plus tard.

 

 

 

 

 Michel Bleiberg,
retour de Berlin, août 1973
(à côté, Luigi des Bouches-du-Rhône)

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En vacances en Roumanie au mois d'août 1974 : de gauche à droite, roumanie_plage_741Armelle Cloarec,
Michel Renard, Marianne Brunhes et, au premier plan, absorbé par sa lecture, Pierre Séleskovitch.

Nous nous étions retrouvés dans un camp de vacances... aux habitudes un peu martiales, car les Roumains exigeaient le salut au drapeau chaque matin. Les délégués italiens avaient chahuté la consigne que nous avions respectée pour ne pas froisser nos hôtes. Mais notre interprète roumaine avait très peur des moqueries que suscitaient parmi nous les innombrables portraits de Ceaucescu visibles dans tous les lieux publics, les commerces, les hôtels... Là encore, nous avons cessé. Nous sommes allés en Transylvanie (peut-être à Cluj ?) et nous avons vu des enfants marchant pieds nus (et ce n'était pas sur la plage...!). Puis la mer Noire, à Mamaia (photo). Rencontres internationales et sentiment d'appartenir à une grande confraternité. Ce furent les derniers moments partagés entre dirigeants de l'Uncal.

La plupart de ces garçons et de ces filles, qui avaient vécu ensemble un engagement assez intense pendant deux années scolaires, ont cessé de se voir presque du jour au lendemain. En étant persuadés qu'il ne s'agissait que d'un éloignement passager, bien sûr... que la vie ne pourrait pas les séparer, que leurs enfants grandiraient côte à côte... Ils ne se sont pratiquement jamais revus.

Michel Renard,
février 2006

 

 

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été 2005, Port-Cros (Var)
michelrenard2@aol.com

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